L’utilisation du cannabis médical dans les maladies neurodégénératives fait l’objet de nombreuses recherches. Une nouvelle étude américaine, baptisée LiBBY, vient d’apporter des résultats particulièrement encourageants chez des patients atteints de la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de démence avancée.
Les chercheurs ont observé une réduction significative de l’agitation grâce à une combinaison de THC et de CBD, un résultat qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour améliorer le confort des patients en fin de vie.
Une étude menée auprès de patients atteints de démence avancée
L’étude LiBBY (Life’s End Benefits of cannaBidiol and tetrahYdrocannabinol) a été présentée en juillet 2026 lors de la Conférence internationale de l’Alzheimer’s Association.
Elle a réuni 120 patients souffrant de la maladie d’Alzheimer ou d’autres formes de démence à un stade avancé. Tous présentaient une agitation importante et bénéficiaient d’une prise en charge palliative.
Les participants ont été répartis en deux groupes :
- un premier groupe a reçu un traitement oral associant 8 mg de THC et 400 mg de CBD par jour ;
- le second groupe a reçu un placebo.
Le protocole s’est déroulé sur 12 semaines, avec une demi-dose administrée durant la première semaine afin de limiter les effets indésirables.
Une baisse de l’agitation dès les premières semaines
L’agitation est l’un des symptômes les plus difficiles à gérer chez les personnes atteintes de démence. Elle peut se traduire par des cris, de l’agressivité, de l’anxiété, une déambulation permanente ou encore des comportements répétitifs.
Pour mesurer son évolution, les chercheurs ont utilisé le Cohen-Mansfield Agitation Inventory (CMAI), un outil de référence dans ce domaine.
Résultat : les patients ayant reçu la combinaison THC/CBD ont présenté une diminution de leur agitation dès les deux premières semaines, avec une amélioration qui s’est maintenue jusqu’à la fin de l’étude.
Des résultats qui interpellent les chercheurs
Au-delà des scores d’agitation, les médecins ont également évalué l’état général des participants.
Après seulement deux semaines de traitement :
- 83,9 % des patients du groupe cannabinoïdes étaient considérés comme améliorés ;
- contre 30,5 % dans le groupe placebo.
Douze semaines plus tard, cette proportion atteignait près de 87 % dans le groupe traité, contre moins de 24 % dans le groupe placebo.
Pour les responsables de l’étude, ces résultats figurent parmi les plus encourageants obtenus jusqu’à présent dans ce type de recherche.
Une tolérance comparable au placebo
Autre point positif : le traitement a été globalement bien toléré.
Le nombre d’effets secondaires rapportés était similaire dans les deux groupes. Les événements observés concernaient principalement des infections ou des troubles digestifs, des complications fréquentes chez cette population particulièrement fragile.
Que faut-il retenir de cette découverte ?
Cette étude ne montre pas que le cannabis guérit la maladie d’Alzheimer.
En revanche, elle suggère qu’une association précise de THC et de CBD, administrée dans un cadre médical, pourrait contribuer à réduire certains troubles du comportement, notamment l’agitation.
Cette amélioration est importante, car ces symptômes représentent souvent l’une des principales difficultés rencontrées par les familles et les équipes soignantes.
Le CBD seul est-il concerné ?
C’est une nuance essentielle.
L’étude LiBBY n’a pas évalué le CBD seul, mais une combinaison de THC et de CBD.
Même si plusieurs travaux explorent les propriétés anti-inflammatoires, anxiolytiques ou neuroprotectrices du CBD, aucune preuve scientifique ne permet aujourd’hui d’affirmer qu’il peut traiter la maladie d’Alzheimer ou ralentir son évolution.
Les produits au CBD disponibles en magasin ou sur internet ne doivent donc pas être considérés comme un traitement de cette pathologie.
Une piste de recherche prometteuse
Les traitements actuellement utilisés contre l’agitation liée à la démence reposent souvent sur des antipsychotiques, dont les effets secondaires peuvent être importants chez les personnes âgées.
L’identification d’alternatives mieux tolérées constitue donc un enjeu majeur.
L’étude LiBBY apporte une nouvelle pierre à l’édifice en montrant que les cannabinoïdes pourraient avoir un intérêt dans certaines situations très spécifiques. Toutefois, les chercheurs rappellent que leurs conclusions concernent uniquement des patients atteints de démence très avancée et devront être confirmées par de futurs essais cliniques.
En conclusion
Cette nouvelle étude renforce l’intérêt scientifique porté au cannabis médical dans la prise en charge des symptômes associés à la démence.
Si les résultats observés avec l’association THC et CBD sont encourageants, ils ne permettent pas encore de recommander ce traitement de façon généralisée. Des recherches supplémentaires seront nécessaires pour confirmer ces données et déterminer quels patients pourraient réellement en bénéficier.
En attendant, cette étude rappelle que les cannabinoïdes continuent de susciter un intérêt croissant dans le domaine des maladies neurologiques, où les besoins thérapeutiques restent importants.
FAQ
Le cannabis peut-il traiter la maladie d’Alzheimer ?
Non. À ce jour, aucune étude ne montre que le cannabis guérit ou ralentit la progression de la maladie d’Alzheimer.
Que montre exactement l’étude LiBBY ?
Elle indique qu’une combinaison de THC et de CBD a permis de réduire significativement l’agitation chez des patients atteints de démence avancée par rapport à un placebo.
Le CBD seul a-t-il été étudié ?
Non. Les chercheurs ont évalué une association de THC et de CBD. Les résultats ne peuvent donc pas être attribués au CBD seul.
Peut-on utiliser une huile de CBD pour reproduire ces effets ?
Non. Les huiles de CBD commercialisées comme compléments alimentaires ne sont pas équivalentes au traitement utilisé dans cette étude et ne doivent pas être présentées comme une solution contre la maladie d’Alzheimer.


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